MAKABI KUMWIMBA : Kabiliste convaincu et assumé !

La quarantaine bien tassée, Télesphore Makabi Kumwimba (alias Pdg  Makambo ) est un de ces jeunes turcs de sa génération qui, patiemment, résolument et avec détermination, ne cessent de tailler leur chemin dans le roc du destin inéluctable.
Représentant en République Démocratique du Congo d'un certain nombre de firmes subafricaines,  notre homme est, en plus, un grand mécène affirmé du sport-roi. En effet, Télesphore Makabi Kumwimba a été au comité du F.C. Lupopo, et pendant trois saisons pleines, il a marqué de son empreinte le destin du FC Kawaya sous sa casquette de président dudit club. Pour l'heure, il dirige «Les Frontaliers FC» qui, comme on le sait, est une équipe de la cité frontalière de Kasumbalesa. Et comme de juste, c'est par le sport que notre illustre hôte du jour nous a entraîné à démarrer sur les chapeaux de roues le présent entretien…


LA VERITE :  Vous me disiez tout à l'heure, M. Kumwimba que si le football n'existait pas, il aurait bien fallu l'inventer.
Télesphore Makabi Kumwimba : C'est dire combien j'aime ce sport de toutes les fibres de mon être. Avec passion et délectation. Oui, pour moi le foot est  une passion indéracinable. Bien sûr, pour ceux qui aiment, qui apprécient les principes, je leur concède que le sport, et particulièrement le sport-roi, est un facteur d'entente et le ciment durcisseur des rapports entre les peuples.
LA VERITE : A ce propos, justement, nous venons de vivre un grand événement sportif à l'échelle continentale. Je veux parler du sacre du TP Mazembe en champion's League… et de sa lourde mission de représenter l'Afrique au plus haut niveau de la compétition mondiale des clubs champions.
T.M.K. : C'est bien ce que je disais à propos des principes. Car c'est pour la première fois dans l'histoire du sport au Congo que tout un peuple se retrouve ainsi mobilisé autour d'un idéal commun, en parlant un seul et même langage pour soutenir à bout de bras un club de football qui, somme toute, ne défendait que ses propres couleurs. Mais le plus remarquable, justement, c'est que ce jour-là, tout le monde s'est reconnu dans les couleurs du T.P. Mazembe à une très forte proportion de supporteurs de tous les  horizons, toutes tendances confondues.
LA VERITE : Et qui plus est, en présence du Président de la République alors qu'il ne s'agissait même pas de notre onze national.
T.M.K. : Le trait de génie de Moïse Katumbi c'est précisément d'avoir réussi le pari d'en faire presque une affaire d'Etat. Une épopée et une cause nationales. Et puis, surtout, une des phases les plus abouties des cinq Chantiers de la République. Voilà pourquoi il faut avoir d'élégance d'esprit de tirer son chapeau au président du T.P. Mazembe avec beaucoup de déférence.
LA VERITE : Cela fait rêver, en effet. Et ça donne des idées. Mais vous, personnellement, qu'est-ce que cela vous inspire-t-il ?
T.M.K. : Beaucoup de choses. J'aime encadrer les jeunes. Peut-être qu'un jour je créerai une équipe de foot pour permettre aux jeunes de prendre part aux grandes fêtes sportives au-delà de nos frontières nationales. Bien sûr, je n'irai probablement pas d'emblée jusqu'à élever la barre aussi haut que l'a fait Katumbi Chapwe. Mais enfin, l'idéal c'est d'apporter, d'ajouter sa pierre à l'édifice.
LA VERITE : Surtout en cette phase cruciale où les cinq chantiers de la République constituent le principal pôle de référence, sinon la voie obligée par excellence pour les initiatives d'une certaine envergure. Je pense ici au site du Plateau, dans les parages de la cité Karavia où on vous a vu à l'œuvre. Peut-on avoir un peu plus de détails là-dessus ?
TMK : C'est vrai. Pour moi c'était là une belle opportunité de mettre la main à la pâte. Et au portefeuille aussi, si je puis me permettre cette image. C'était une façon pour moi de participer aux cinq chantiers de façon rationnelle..
LA VERITE : C'est-à-dire avec vos propres moyens.
TMK : Bon, puisque vous le dites… Dans un premier temps, j'ai dû louer de gros engins pour faciliter le traçage de quelques routes pour un montant d'environ 4000$ (quatre mille dollars américains). Et puis, dans la commune de Lubumbashi (où j'habite), j'ai pu intervenir dans la restauration d'une route débouchant vers chez moi, avant d'y construire des caniveaux en dur pour faciliter l'évacuation des eaux de pluie.
LA VERITE : Mais sur le fleuve Lualaba, n'avez-vous pas le sentiment de vous être attaqué à un trop gros morceau ?
TMK : Là, je voulais juste attirer l'attention et alerter l'opinion générale sur le mauvais état du pont qui enjambe ce fleuve. Et le meilleur moyen pour y parvenir, c'était de procéder au filmage du pont en question avec le concours des professionnels des médias. De l'audiovisuel, essentiellement, bien évidement. C'est pourquoi j'ai eu l'idée de mobiliser et de dépêcher sur place cette équipe musclée de journalistes.
LA VERITE : Et là aussi à vos frais, bien sûr. En y mettant les gros moyens, à ce que je sache.
TMK : C'est pour l'honneur de mon pays que je l'ai fait.
Et ça, croyez-moi si vous le voulez bien, ça n'a pas de prix. La solution à nos nombreux problèmes d'infrastructures et autres, ne viendra que des seuls enfants de ce pays. Et non d'ailleurs. Tout congolais qui aime sincèrement ce pays doit pouvoir non seulement y investir, mais aussi et surtout s'y investir à fond, avec nos corps et âmes. La République Démocratique du Congo possède d'immenses et innombrables potentialités. Il ne tient qu'à nous de nous remettre ensemble au travail si nous voulons vraiment revaloriser nos propres richesses. Et puis, bien sûr, réparer, colmater des brèches partout où les failles menacent. Ensemble, en nous serrant les coudes et avec une bonne dose de confiance en soi, nous nous en sortirons sûrement.  Quant aux jeunes gens, je les exhorte instamment à ne pas croiser les bras. Ils doivent ouvrir les yeux et regarder résolument plus loin, vers l'avenir.
LA VERITE : Vous devez croire beaucoup en Dieu pour avoir une telle foi en l'avenir de ce pays, monsieur Kumwimba…
T.M.K. : Oui, sans aucun doute, et c'est cela qui fait ma force. C'est pour cela aussi que j'aime partager les joies et les peines de mes semblables. Appelez ça l'amour du prochain, si vous voulez… Mais quand la farine de maïs était devenu introuvable à Lubumbashi pendant une certaine période, je n'ai demandé l'avis de quiconque pour inonder le marché local. Tout simplement parce que je voulais répondre aussi à l'appel de ceux qui nous gouvernent. Car la crainte de Dieu passe aussi par le respect des autorités du pays, que ce soit en provinces ou au niveau du siège des institutions nationales, c'est-à-dire la capitale.
LA VERITE :  En dehors de la Bible, quel genre de lecture appréciez-vous le plus ?
T.M.K. : Tout ce qui est documentaire, écrit ou audio-visuel, sur la marche du monde et sur les grands noms de l'histoire à travers les siècles. La fiction romane-sque ou cinématographique ne m'intéresse pas vraiment.
Je vais peut-être vous surprendre, mais de par ma nature, j'ai horreur de ne pas me sentir très ancré dans le réel. Je considère en outre qu'on ne peut décemment prétendre rechercher et trouver  des solutions aux multiples problèmes qui se posent au monde du réel en restant constamment branché dans le flou d' l'imagerie abstraite, ou tout simplement déconnecté des vraies réalités de tous les jours.
LA VERITE : Tous les goûts sont dans la nature, après tout. A chacun son libre arbitre.
T.M.K.: D'accord. Aucun doute là-dessus. Mais quand je pense qu'il y a dans cette ville des gens qui n'ont pas la moindre idée de l'immense trésor caché entre les lignes de l'histoire de notre pays pour ces dix dernières années… Et qu'il y a tellement de choses passionnantes à découvrir et à écrire, par exemple, sur les hauts faits de Joseph Kabila Kabange qui, pendant toute sa jeune vie politique, s'est battu sur tous les fronts pour le retour de la paix dans son pays, la République Démocratique du Congo. Il reste un sage en ce qu'il a tout accepté, tout encaissé au prix de mille sacrifices, allant jusqu'à s'oublier en s'humiliant devant l'Histoire. Et puisque l'Histoire a une mémoire qui en vaut mille, je crois que Joseph Kabila a toutes les chances de gagner haut la main la présidentielle de 2011. Et que dire alors de l'histoire en province du Katanga avec son jeune gouverneur au profil de grand bâtisseur ? En tout ces, la conscience collective aura déjà bien retenu que Katumbi Chapwe constitue à lui seul une providence