ZOOM ARRIERE. Deux buts d'antholo-gie avaient suffi aux «Léopards» de la République Démocratique du Congo pour vaincre les « Black stars» du Ghana en finale de la première édition du championnat d'Afrique des Nations(CHAN) organisé sous la férule de la Confédération africaine de football (CAF). Dans un stade Houphouët Boigny rempli jusqu'à ras bord et revêtu des allures de fête, les footballeurs congolais avaient imposé leur supériorité dans tous les compartiments, dominant de la tête et des épaules des adversaires que les pronostiqueurs avertis pointés largement favoris.
Avec raison : au tour précédent, le Ghana avait humilié la RDC par 3 buts à zéro. Et pour les retrouvailles de la finale, on s'attendait à un match en sens unique. Avec d'un côté, des Ghanéens au moral très gonflé et de l'autre, des Congolais complexés et évoluant avec la peur au ventre. Sur l'aire de jeu, c'est tout le contraire qui s'était appliqué. Aux premiers assauts des Ghanéens, les Congolais répliquèrent avec une force nettement supérieure. Au fur et à mesure que les minutes s'écoulaient l'orgre reculait. Et, profitant des couloirs abandonnés, le petit poucet décomplexé, gagnait du terrain, cherchant par tous les moyens à ouvrir des brèches dans le mur d'en face.
A l'issue de la première période, les plus avisés des spectateurs (ou des téléspectateurs) avaient compris que cette fois-ci la donne est tout autre : le Ghana était face à un adversaire déterminé à convaincre. Et surtout à vaincre. Sans mâcher ses mots Muntubile ndiela dit. «Santos» le coach de la RDC avait la veille du match prédit la bonne forme de ses ouailles sur les antennes de radio France internationale (RFI) : «Nous sommes capables de nous surpasser, de créer la surprise. Une vic-toire de mes gars n'est pas impossi-ble….» La prophétie de «Santos» s'était bel et bien réalisée en seconde période. Un but marqué au début du premier quart d'heure, et un autre (but d'anthologie) inscrit vers les ultimes minutes de la partie, allaient confirmer la supériorité congolaise.
Dépassés par les événements, courant après la balle sans manière, les Ghanéens ne devaient que subir la loi des Congolais. Le libéro Bokese, le latéral gauche Kasongo Ngandu et tous les joueurs affectés aux avant-postes évoluaient en roue livre. Déplacements rapides, passe en triangle à la façon des Brésiliens, tirs à distance, les «Léopards» livrèrent ce pour-la l'un des plus beaux matches de leur histoire. «Ils avaient des dents et des griffes très longues, ces Congolais de Kinshasa», reconnut l'envoyé spécial de RFI dans son commentaire d'après match.
C'est avec un moral dans les chaussettes et une gibecière dégarnie que les «Black stars» sortirent du stade. Aucune étoile ne brillait dans le ciel abidjanais ce soir là. Les Ayuw (fils de l'intraitable abedi Ayuw pelé), Owusu et autres Yeboah, considéré à Accra comme la fine fleur du foot ball ghannéens, étaient tombeés de très haut face à des «Léopards» qui rêvaient d'une revanche. Après les sacres d'Addis Abba (1968) et du Caire (1974), la RDC plane de nouveau sur l'Afrique du sport-roi. Le CHAN, compétition réservée aux footballeurs évoluant sur le continent a, pour sa toute première édition, tenu toutes les promesses. Quarante et un an après la bande à Nicodème Kabamba, Pierre Kasongo, Pierre Kalala et Joseph Kibonge, trente-cinq ans après le triomphe de l'entraîneur yougoslave Blagoje Vidinic, le Congo-Kinshasa venait de s'introduire tête haute et poitrine bombée dans la cour des grands.
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